ELVIRE, BEN-SAID, LE CID, FANÉS, L'ÉVKOUE
RODRIGUE, qui accourt, l'ëpée du Cid à U main, et ladépobesur ■oaHC
RODRIGUE
La voilu !
La voila!
LE CIO
Désarmé, sur eux tu Tas reprise?
BEN-SAÏD
MoD vainqueur pouvait seul tenter cette eutreprisc , Et l'achever.
FANÉS
Qui? lui, c'est ton vainqueur?
LE CID , se soulevant sur ses drapeaux, à Futèii.
Eh bien !
Que vous avais-je dit?
FANÈS , qui s'élance p'jur ettibras&cr Rodrigue , et tombe un gchou en \vi ru devant luL
Pardon, mon fils!
LE CID
Ccsl bien, Fanes!
( A son éyyéQ , qu'il baise. )
Tii me reviens a mon heure dernière, Vieille amie , ei sans lui lu restais prisonnière; Tu devenais païenne; il fa sauvé Thonneur; Et de me dire adieu tu lui dois le bonbeuri
288 LA FILLE DL ClD.
Moi, mon temps est iini^ mais le tien va renaître. Bonne ëpëe ; après moi je te destine un maître Qui ne peut, sans mourir, te laisser en chemin , Et lu ne croiras pas avoir cliangé de main. Sois donc 2i lui!... Justice est qu'elle t'appartienne. Prends, Rodrigue, et dérends ma conquête...
( Montrant Bvlre. '
Et la tienne.
RODRIGUE
Elvire!
Elle est k toi. Fanes... ma fille... adieu!...
FANES
Je ne te verrai plus!
LE CID
Que dans les bras de Dieu.
A vos sons belliqueux, si doux pour la vaillance, Tambours, que du soldat Tâme vers Dieu s'élance!
( A révéque. )
Mon père... que vos vœux l'accompagnent aussi... Bénissez... le chrétien... Chimène, me voici!
ELVIRE , tombant sur le corps de son père.
11 meurt !
(Tandis que levêque étend les mains ponr le bénir, les tambours font entendre an roulement sourd , les bannières s'abaissent, tous les cheraliers sont à genoux , excepté les Maures , qui s'inclinent. )
L ÉVÉQUE , les mains toujours étendues sur le lit Tunèbre.
L'âme du Cid au ciel est remontée.
ELVIRE , qui se relère.
Mais sa grande ombre, amis, dans A'alence est restée. Sa bannière y triomphe^ il l'y faut maintenir : Qu'elle y prenne racine, et que dans l'avenir, Fallût-il chaque jour vous remettre en campagne,
. ACTE m, SCENE X. 289
Son nom reste k Valence , et Valence k TEspagne! Tel est son vœu poor nons.
Il sera respecté.
ELVIRE
Pour lui-même, guerriers, voici sa volonté.
RODRIGUE
Et nous Faccomplirons.
ELVIRE
Qu'un convoi le ramène, A travers les païens, au tombeau de Cbimène, Que, droit sur les arçons et Tizonade au vent, La face à Tennemi, son corps marche en avant. Et si désir leur vient de vous barrer la route , Son ombre suffira pour les mettre eu déroute.
TOUS LES CHEVALIERS
Victoire au Qd!
ELVIRE
Sans vie, il doit les vaincre encor :
Victoire au Cid!
TOUS LES CHEVALIERS
Victoire au Cid Campéador!
(Les tambours battent, les chevaliers lèvent leurs épées, les bannières s*agitent autour du lit funèbre. Ia toile tombe. )