‹ Œuvres complètesChapitre 187 sur 324 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Dans un pays fier de ses libertés, Pourquoi donc du bon sens seriez- vous les esclaves? On s'en passe très-bien, et pour des choses graves : Témoin tant de messieurs justement respectés , Messieurs les électeurs, qu'ils soient mille... ou quarante, Messieurs de Tindustrie et messieurs de la rente.

Voire, messieurs des facultés;

Quant k messieurs de la critique , Du bon sens, ils en ont, mais presqu'autant, ma foi,

Que messieurs de la politique ,

Et c'est tout dire selon moi.

Sur les autres je fais main-basse ; Interrogez-les tous dans le particulier;

Ils vous diront : « C'est singulier,

» Mais le fait est que Je m'en passe. » On le peut , sans que rien s'oppose k ce désir. Sans qu'on vienne au collet pour cela vous saisir, Qu'on soit moins bien portant , ni moins recommandable,

Et s'en passer dans son plaisir

N'est pourtant pas un cas pendable.

Quelqu'un dit qu'k-propos déraisonner est doux; 11 sied donc bien parfois aux sages d'être fous. Essayez-en, messieurs, c'est une chose k faire.

Ne la nt-on que pour changer.

Mais juger, direz-vous, est notre grande affaire;

Moi, vous empêcher de juger!

Qui ? moi !.. . Vous jugerez ; voudrais-je en vous proscrire

Ce droit sacré du genre humain ?

De nos bureaux , messieurs, vous savez le chemin :

Aujourd'hui commencez par rire ,

Et vous viendrez juger demain.

LE

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