PROLOGUE
Vu que la chose est morte, est tombé hors d'usage; Nous avons de Touvrage effacé ce mot-lk ; Mais cela, je l'avoue, est resté dans Touvrage,
Ei comment prendrez-vous cela?
Le puMic d'autrefois en aurait ri peut-être, Le public d'aujourd'hui... nous sommes entre nous,
Et je puis vous le dire, it vous, Sans qu'un mot en revienne ^ Toreille du maître : Le public d'aujourd'hui se plaint incessamment Qu'on ne rit plus chez nous (on le Tait rarement, J'en conviens le premier) et que la comédie N'a plus ce ton gaillard , cette allure hardie , Ce franc-parler, cet enjoAment Qui la rendait si dégourdie.
Mais le public, messieurs... vous serez tous discrets. Si vous ne l'étiez pas , je me compromettrais; Le public n'est-il point le complice du crime Dont il prétend si haut n'élre que la victime? Il vient, s'assied ^ l'aise, et vous dit : « Mettons bas » Notre décorum ordinaire; ») Le carnaval prend ses ébats :
» Auteur, amusez-moi, je serai débonnaire; ») Vous êtes libre, allez! je veux rire aux éclats. » L'auteur va : sur un mot^ ce bon public se cabre. Et s'irrite, et s'emporte, et crie, et sîflle, et sabre, G>mme un ennemi capital, Comme un insolent qui l'offense.
Un pauvre diable sans défense Qui ne lui voulait aucun mal.
C'est au nom du bon sens qu'il devient fou de rage; Mais le bon sens ve»t-il qu'on iasse un tel ta]»age?