ACTE I, SCÈNE VII. âi
JULIE
VoQs éles « éloqueQt poar me persuader, que tous ne pourriez pas manquer de l'être en me défendant.
LABRANCHE
11 sera Démosthène et je serai Gcéron ^ vous auriez quelque peine à trouver mieux.
JULIE
Et vous me dites, monsieur, qu'il faudrait...
DOUANTE.
Recevoir ce La Pommeraie, et profiter de sa passion pour le précipiter d'embarras en embarras.
LABR ANCHE.
De délits en délits.
JULIE
De crime en crime.
LABRANCHE
Elle va plus loin que nous.
DORANTE , qui lui baise la main avec transport.
Ah! madame! (Ensinciinant.) Pardonnez Pexcès d'ane reconnaissance qui m'égare.
JULIE, tendrement.
Je sais qu'il faut passer quelque chose aux sentiments exaltés.
LABR ANCHE, à part.
Encore si j'avais pensé \i baiser l'autre !
DORANTE
H serait k propos de mêler à tout cela quelque lempcle conjugale.
JULIE
Hélas! elles sont si communes : quand une âme d'un ordre supérieur se trouve unie à une nature terrestre , le mariage, monsieur, n'est qu'un long jour d'ornge.
DORANTE, àLabraucbe.
Mon ami , madame est poète , ou je ne suis pas avocat
LABRANCHE, à paît.
Si elle pouvait se permettre pour moi quelque licence poétique !
DORANTE
Ainsi, vous consentez?
JULIE
Pour le triomphe des amants malheureux.
DORANTE
La conversion des conseillers rapporteurs.
LABRANCHE
Et la honte éternelle des marchands de drap.
JULIE
Ah! monsieur, ne me parlez pas de ces gens-ià!
LABRANCHE
Vous les détestez? Que c'est heureux! En vérité, Dorante, on n'a pas assez de respect pour le hasard ; je veux lui bâtir un temple sur mes économies.
JULIE
Voilà un dieu bien logé !
DORANTE
Tandis que je vais revoir notre amoureux, afin de vous renvoyer pieds et poings liés, soyez assez bonne, madame, pour vous consulter avec mon ami , qui a une bien belle imagination.
LABRANCHE , modestement.
Mon cher Dorante!
JULIE
Mais j'espère lui prouver que la mienne n'est pas '^"' h fait vulgaire.