‹ Œuvres complètesChapitre 205 sur 324 · ACTE 1, SCENE Vlll · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE Vlll

DORANTE

Jure un peu aussi, c'est du bean monde.

Dieu me damne, Dorante, si je ne me sens pas tout autre !

DORANTE

Chante si tu peux.

LA POMMERAIE

Qu'est-ce que lu veux que je chante ?

DORANTE

Ce qui te viendra : quelques langueurs , quelques magnanimités d'opéra-, que sais-je?

Ah 1 si vous aviez la rigueur De m'ôler votre cœur, Vous m'ôteriez la vie !

LA POMMERAIE

Ah ! si vous aviez la rigueur De m'ôter votre cœur, Vous m'ôteriez la vie!

DORANTE

Diantre! tu as la voix belle. Pourquoi n'es-tu pas en* tré k l'Opéra? Du côté des femmes, ton éducation serait laite.

LA POMMERAIE

Elle le sera aujourd'hui, Dorante; Dieu me damne! elle sera faite et parfaite. (Se promenant i grands pas.) Est-ce que tu ne trouves pas quelque chose de dégagé dans mes manières, de victorieux dans ma démarche?

DORANTE

Très-bien!

Ahl si vous aviez la rigueur...

324 LE CONSEILLEE UAPPORTELU.

DORANTE

Tu chantes trop, maintenant.

LA POMMERAIE

De m'ôler voire cœur...

DORANTE

Mais, malheureux, prends donc garde! je vois venir le président.

LA POMMERAIE

Tu veux me faire peur.

DORANTE

Eh! non, de par le ciel, c'est bien lui. A présenl, chante si le cœur t'en dit.

LA POMMERAIE

Ouf! je le croyais à la campagne.

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