ACTE II, SCÈNE I. 34l
LABR ANCHE, 4 part.
n paraît qu'elle convicDt de la première.
JULIE
Je serais perdue!
LABRANCHE
Il est k ^ ire?
JULIE
Vous en êtes sûr?
LABRANCHE
Je vous le demande.
JULIE
Ah ! vous m'avez fait une peur!
LABRANCHE
Vous n'avez eu que le contre-coup de la mienne ; mais, puisqu'il n'a pas quitté Paris, reprenons courage.
JULIE
De grâce, ne me parlez plus d'un projet qui m'épou* vante. J'y vois mille dangers et je l'abandonne.
LABRANCHE
Je ne puis cependant pas être le mari et la femme h moi tout seul. L'abandonner, madame, mais c'est livrer ^ toutes les iniquités du tribunal de Vire un malheureux docteur dont tout le crime est d'être beau et de vous avoir trouvée charmante!
JULIE
Que me rappelez-vous !
Mais, k ce double litre. Dorante lui-même serait coupable.
JULIE
Il m'aimerait!
LABRANCHE , à part.
Quelle faute! Mon éloquence me Tait dire des sottises... (A Julie.) Moi, qui vous parle, je serais coupable, à la beauté près, si vous voulez; mais je serais plus coupable que lui.
JULIE
Vous, monsieur?
LABRANCHE, à part.
Ma foi! je me déclare! (Haat.) Il est trop vrai, madame-, elle éclate enfin cette passion qui se fkit jour avec d*autant plus de force...
JULIE, prêtant rorenie.
Écoutez!
LABRANCHE
Je n'entends rien. Avec d'autant plus de violence...
JULIE
On monte Tescalier.
UBRANCHE.
Non , madame. Cette passion qui se fait jour avec d'autant plus de violence...
JULIE
Mais je vous assure qu'on vient.
LABRANCHE
Oui, c'est bien lui! Je reconnais la marche mal assurée d'un homme qui n'a pas la conscience tranquille. Du moins, vous ne pouvez plus reculer.
JULIE
Mais ne m'abandonnez pas.
LABRANCHE
Je devrais me venger de vous ^ j'aime mieux me venger de lui. Il vient, je me sauve... du courage !