ACTE 11, SCENE III
lioa faneste, de ces combats entre ma raison et mon cœur , et dans sa jalousie. . .
LA POMMERAIE
11 est jaloux ?
JUUE.
Jusqu'il la frénésie, monsieur, par amour, par vanité de gentilhomme!
LA POMMERAIE
Cest un gentilhomme?
JULIE
Jaloux au point de me sacrifier à ses transports *, et ce qui Tait mon désespoir, c'est qu'en descendant au Tond de mon àme, je sens... oui, je sens qu'il a sujet de rc.re.
LA POMMERAIE
De moi , grand Dieu ! Se pourrait-il que je fusse aimé ? (^ part.) Je suis un monstre k étouffer, mais je ne me connais plus. (A jaKe.) Aimé de vous!
JULIE
Je ne l'ai pas dit; il n'est pas possible que je l'aie dit : je serais trop malheureuse et trop criminelle h la fois.
LA POMMERAIE
Non , femme adorée ^ mais tu me Tas laissé comprendre, et c'est à genoux...
JULIE
Relevez-vous, au nom du ciel ! Si mon mari revenait. ..
LA POMMERAIE
C'est k genoux que je te conjure de confirmer un bonheur dont je doute encore !
JULIE, reculant.
Vous me perdez! (Apan.) Je parle pourtant asse/. haut
))OUr qu'on m'entende (ALa Pommeraie, qui la poursuit en se trat-
nantàgenoiiic.) Ah! monsieuF , c'est h votre raison qoe je m'adresse!
LA POMMERAIE
Vous venez de me Fôter.
JULIE
Si vous avez quelque pitié pour moi..
LA POMMERAIE
Je vous en demande.
Quelque respect pour vous-même.
LA POMMERAIE
Je n'eu ai aucun.
JULIE, à part.
Mais s'il n'a plus peur de rien, j'ai tout k craindre.
LA POMMERAIE
Parle, j'attends mon sort !
JULIE
Arrêtez! (Avccdracspoir.) Mais encore un coup, il me tuerait!... pensez donc qu'il me tuerait!...
LA POMMERAIE
Parle, parle, ou j'expire k tes pieds.
JULIE
Je suis morte : c'est lui! (a part.) H était temps.