ACTE II, SCENE IV
JULIE
Que répondre !
Monsieur, ne jugez pas sur les apparences... Je puis vous affirmer... je vous atteste...
LABRANCHE
Eh! que m'attesterez-vous qui ne soit démenti par ce que je vois?
LA POMMERAIE
Il est sûr qu'au premier abord... vous avez dû croire que j'étais...
LABRANCHE
. Aux genoux de ma femme.
LA POMMERAIE
Mais dans Iji réalité... oui , monsieur, ce qui est réel... c'est qu'au contraire... car mes intentions... (a pan.) 11 ne me vient pas un mot qui ait le sens commun.
LABRANCHE
Oserez-vous dire que vos intentions étaient pures quand vous apportiez ici la honte et le désespoir ? Regardez, monsieur, regardez votre complice, que le remords rend muette!
LA POMMERAIE
N'accusez pas madame, elle est innocente.
JULIE , avec explosion.
Non, je cède au cri de ma conscience, et j'avouerai tout : je l'aime, monsieur ^ tuez-moi! je l'aime et je suis coupable!
LA POMMERAIE , à part.
Eh! de quoi?., elle veut donc que le flagrant délit soit avéré.
LABRANCHE
Elle en convicDt.
LA POMMERAIE, à part.
Quelle passion j'avais inspirée sans le savoir!
LABRANCHE
El votre crime resterait impuni!... Par mon honneur (le gentilhomme, j'aurai une bien prompte, une bien sanglante réparation!
LA POMMERAIE
Monsieur, veuillez m'entendre.
LABRANCHE
Vous me devez une réparation : je rallends; jeTexige.
LA POMMERAIE
Où vous voudrez^ mais pas ici.
LABRANCHE
Ici même, et ^ Pinstant.
JULIE
Âh! prenez ma vie, mais épargnez la sienne!
LABRANCHE
C'est son arrêt «lue tu prononces, femme insensée! (Tirant son épée.) Toi , lâchc subomcur, CH gardc!
LA POMMERAIE , tirant la sienne.
Ce sera donc pour ma défense.
JULIE , en se tordant les mains.
Et ne pouvoir les séparer!
LABRANCHE, à part.
Est-ce qu'il aurait du cœur?... (Haut, en reculant.) Ah! misérable!...
LA POMMERAIE , qui fait un pas.
Quand il vous plaira !