‹ Œuvres complètesChapitre 240 sur 324 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

CnlSPIJN , sous son costume de valet, assis dans son fauteuil ; L ADnÂNCnE , entr'ouvrant la porte du fond.

LABRàNGHE.

Pui&-je entrer?

GRISPIN.

Entre, Labranche; je suis seul et furieux.

LABRANGHE.

Quand on est seul, cela occupe : et contre qui?

CRISPIN

Contre mon maitre : il m'a traité comme on ne traite pas un honnête homme.

LABRANGHE.

Pourquoi?

GRISPIN.

n ne me Ta pas dit ; mais j*en suis à regretter le temps où j'étais valet de chiens chez un gentilhomme de campagne.

LABRANGHE.

Tu n'es pas dégoûté : valet de chiens! peste, la jolie

condilion ! tu avais le privilège de battre tes maîtres et de diner avant eux.

GRISPIN.

Ne plaisante pas, Labranche^ figure-toi que j'ai retrouvé ici M. de La Pommeraie...

Essoufflé.

CRISPIN

Comment le sais-tu ?

LABRANGHE.

Je le suppose, parce que Je l'ai vu courir; il court bien.

CRISPIN

Essoufflé, et, qui pis est, égaré; les yeux lui sortaient de la télé, il marchait, il gesticulait. Quand je me suis présenté à lui, il a fait un bond!...

LABRANGHE.

Tu étais en uniforme?

CRISPIN

Sans doute.

LABRANGHE.

Yoilk ton tort : un cavalier de maréchaussée ne devrait se présenter nulle part sans se faire annoncer; votre uniforme fait impression.

CRISPIN

Je loge au-dessus de sa chambre ; cette nuit, il ne m'a pas laissé un moment de repos. Vers le jour, je Tai entendu m'appeler d'une voix lugubre ; et tout défait, il m'a dit d'aller chercher M. Dorante, qui était apparemment sorti de très-bonne heure, car je ne Tai pas trouvé.

LABRANGHE.

Tu es donc sur qu'il a liasse la nuit ici?

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