SCENE I
CnlSPIJN , sous son costume de valet, assis dans son fauteuil ; L ADnÂNCnE , entr'ouvrant la porte du fond.
LABRàNGHE.
Pui&-je entrer?
GRISPIN.
Entre, Labranche; je suis seul et furieux.
LABRANGHE.
Quand on est seul, cela occupe : et contre qui?
CRISPIN
Contre mon maitre : il m'a traité comme on ne traite pas un honnête homme.
LABRANGHE.
Pourquoi?
GRISPIN.
n ne me Ta pas dit ; mais j*en suis à regretter le temps où j'étais valet de chiens chez un gentilhomme de campagne.
LABRANGHE.
Tu n'es pas dégoûté : valet de chiens! peste, la jolie
condilion ! tu avais le privilège de battre tes maîtres et de diner avant eux.
GRISPIN.
Ne plaisante pas, Labranche^ figure-toi que j'ai retrouvé ici M. de La Pommeraie...
Essoufflé.
CRISPIN
Comment le sais-tu ?
LABRANGHE.
Je le suppose, parce que Je l'ai vu courir; il court bien.
CRISPIN
Essoufflé, et, qui pis est, égaré; les yeux lui sortaient de la télé, il marchait, il gesticulait. Quand je me suis présenté à lui, il a fait un bond!...
LABRANGHE.
Tu étais en uniforme?
CRISPIN
Sans doute.
LABRANGHE.
Yoilk ton tort : un cavalier de maréchaussée ne devrait se présenter nulle part sans se faire annoncer; votre uniforme fait impression.
CRISPIN
Je loge au-dessus de sa chambre ; cette nuit, il ne m'a pas laissé un moment de repos. Vers le jour, je Tai entendu m'appeler d'une voix lugubre ; et tout défait, il m'a dit d'aller chercher M. Dorante, qui était apparemment sorti de très-bonne heure, car je ne Tai pas trouvé.
LABRANGHE.
Tu es donc sur qu'il a liasse la nuit ici?