SCENE II
LABRANCHE, ensuite DORANTE.
LABRANCHE
Roué vif, avant de savoir s'il est coupable! ils sont féroces, les protecteurs de l'innocence.
DORANTE , qui eutre par une porte latérale.
Quoi de nouveau , Labranche ?
LABRANCHE
Vous avez l'air radieux, monsieur.
DORANTE
Tu trouves?... c'est que j'ai l'espoir de rendre ce pauvre Valère à ses malades.
LABR ANCHE.
Pourvu que ses confrères n'en aient pas disposé pendant son absence.
DORANTE
Eh bien! Tas-tu vu, ce mari qui les a si injastement soupçonnés tous les deux, et Tas-tu péroré de Taçon a lui arracber un désistement?
LABRANCHE
Je suis en bonne voie, si on peut l'atteindre.
Est-ce qu'il s'est enfui?
LABRANCHE
Enfui, monsieur.
DORANTE
Ab, le misérable, Labranche!
LABRANCHE
C'est ce que j'ai dit; il n'y a pas de mauvais procédé dont cet bomme-là ne soit capable. Mais j'ai lancé Crispin sur ses traces , et j'espère qu'on le reprendra.
DORANTE
Va les aider dans cette bonne œuvre , tandis que je me rends chez le président, qui m'a fait avertir de l'aller trouver à l'instant même. Mais que fait, que dit La Pommeraie?
LABRANCHE
Il est le prisonnier de sa conscience , et sa peur nous laisse le champ libre.
DORANTE
Ah! s'il pouvait, en le prenant pour son compte, signer ce rapport qui est de moi!...