ACTE III, SCÈNE II
LABR ANCHE.
Ce serait le meillear ouvrage d'un autre qu'il aurait jamais fait.
Sa jolie complice est ici , dans le salon voisin, d'où elle pourra nous seconder au besoin.
LABR ANCHE.
Se réfugier chez son juge !
DORANTE
Elle ne pouvait pas choisir un meilleur asile contre une descente de justice. Qui viendra Ty chercher ?
LABRANCHE
Personne-, mais si monsieur de La Pommeraie l'y découvre ?
DORANTE
11 sera foudroyé de sa présence. Quand mémo il saurait tout, le pauvre homme ne cessera de se croire coupable que pour se trouver ridicule.
LABRANCHE
Ce qui est bien pis.
DORANTE
Aussi Ta-t-elle compris h merveille. Elle a un sentiment si exquis des choses! c'est une personne si remarquable, si aimable, si respectable!... Je veux la sauver. Quelle que soit l'issue du procès , je veux lui assurer les moyens d'aller s'ensevelir en Italie.
LABBANCHE.
Un cxîl élemel.
DORANTE
De deux mois, afin de laisser tomber le scandale que cette affaire a soulevé et de la soustraire an despotisme
(Pun sauvage qui ne la comprend pas. La vois-tu sur les ruines de Rome? nous vois-tn tous deux?
LABR ANCHE.
Vous raccompagnerez, monsieur?
DORANTE
Pour la protéger, Labranche.
LABRANCHE
Au fait, voici les vacances qui approchent.
DORANTE
Pour la défendre : c'est un sacrifice ^ mais je dois cela à Valère.
LABRANCHE
Vous aimez bien votre ami.
DORANTE
Quel voyage! Ce beau ciel , le Tibre cl le Capitole, quel spectacle inspirateur pour le génie! et elle en a, cette incomparable personne.
LABRANCHE
Vous en avez aussi , monsieur.
DORANTE
Tu me flattes , Labranche ; mais elle en a et je me sacrifie. J'aurai, du moins, la consolation de me dire que j'ai guéri Valère d'une passion qui aurait fait le malheur de sa carrière.
Tudieu, monsieur, que vous aimez votre ami!
DORANTE
Cours de ton côté, je cours du mien, et k Pœuvre ici dans un moment.
LABRANCHE
Un mot encore! Serai-je du voyage d'Italie?