ACTE IH, SCÈNE VII
LA POMMERAIE , bas à Dorante.
Moi, laisser soupçouner un innocent !
Qu'en saiMu? il n'est peut-être pas plus innocent que loi.
LE PRÉSIDENT
Et ne croyez pas qu'hier ma justice se fût endormie. Il parait que je Tavais fait incarcérer; je ne m'en souvenais pas, mais on me Ta rappelé. Car, chose bien étrange, Dorante! il y a comme une lacune dans ma mémoire depuis mon diner jusqu'à ce matin.
DORANTE
C'est un effet que j'ai souvent éprouvé après un excès. . . de travail.
LE PRÉSIDENT
Je l'avais fait incarcérer avant le crime.
LA POMMERAIE
Alors, comment peut-il l'avoir commis?
LE PRÉSIDENT
Mais il s'est échappé.
DORANTE
Yoilh ce qui prouve la préméditation.
LA POMMERAIE, bas.
Dorante!...
LE PRÉSIDENT
Enfin, monsieur le conseiller, il y a eu meurtre... (A Dorante.) Et tout ccci pourrait bien se rattacher au complot de Falaise.
DORANTE
C'est une idée!
LE PRÉSIDENT
Il y a eu meurtre , le coupable esl saisi, et nous allons avoir k juger une affaire capitale. Ah ! la Providence me devait ce crime-Ik h la fin de ma carrière! Vous allez voir, Dorante, comme jMnterroge un coupable...
DORANTE
L'excellente leçon que je vais prendre!
LA POMMERAIE
Mais ce n'est encore qu'un accusé.
LE PRÉSIDENT
Comme je Penveloppe, comme je (e secoue sans miséricorde...
DORANTE
Poaft8es-4e ferme, monsieur le président !
LA POMMERAIE , bas, & Dorante.
Ne ranime donc pas.
LE PftÉfilDEHT.
Et de Taçon, vertuUeu! qu'il n'y ait pas iiour lui de justification possible.
LA POMBIERAIE.
Mais rien n'est certain , et votre impartialité vous impose la loi de le ménager.
LE PRÉSIOENT.
Aussi le ferai-je, monsieur le conseiller; ce n'est pas après cinquante ans d'exercice que vous m'apprendrez mon métier ; aussi le fei^ai-je, et je ne m'écarterai pas une minute des ménagements fue la justice doit à un bonune dont le crime n'est pas prouvé. (ACoraiqœt, qui entre.) Approche, scélérat!