ACTE III, SCÈNE IX
DORANTE
J'aurai comme toi une explication ii demander au frère de certain gentilhomme.
LABRANGHE.
Monsieur, le coupable s'était repenti avant l'exécution. (A part.) Je n'ai pas pu me procurer les chevaux de poste.
LA POMMERAIE, bas , à Dorante.
Ah! tu m'as joué!
CORNIQUET.
J'en suis quitte pour la peur^ mais je tiens plus que jamais k m'en aller, et k me désister, si toutefois mon* sieur le conseiller ne trouve pas qu'il y ait lieu k suivre contre le docteur Valère.
LA POMMERAIE , à Dorante , en voulant déchirer le rapport qu'il vient de signer.
Je mè tengerai.
DORANTE, bas, à Ia Pommeraie.
Arrête, ou je parle!
LE PRÉSIDENT
Mais qu'est-ce que tout cela prouve en faveur du docteur Valère?
Une immense vérité^ et La Pommeraie ne la niera pas plus que monsieur Corniquet : c'est que les apparences sont souvent bien trompeuses, et que les circonstances peuvent faire un grand criminel du plus innocent de tous les hommes.
LA POMMERAIE, 4 Dorante.
Ah! traître!..
DORANTE, à La Pommeraie.
Allons, un bon mouvement... dans ton intérêt.
LÀ POMMERAIE, donnant le rapport à Corniquet.
Lisez , monsieur.
LE PRÉSIDENT
Encore une affaire qui s'arrange! En vérité, nous ne sommes pas heureux, mon gendre.
DORANTE
Oui, lisez cela, monsieur Corniquet; ce ne serait pas mieux, quand je l'aurais écrit moi-même.
CORNIQUET , après avoir parcouru le rapport.
De quel poids vous m'avez soulagé! Mais ma femme, monsieur le président, i)Our Dieu, faites-moi rendre ma femme !
LE PRÉSIDENT
Est-ce que je la connais, mon brave homme?
LA POMMERAIE, qui est allé chercher Julie.
Venez , madame, et recevez les excuses d'un criminel qui se repent.