SCENE I
RAYMOND, ODETTE, MARCEL, LUDGER, bateliers , PAYSANS et PAYSANNES.
Un groupe de Jeunes fll1&« entoure Odette, qui rêve tristement; des parures des corbeilles de fleurs sont déposées prés d'elle. ]
CHOEUR DE JEUNES FILLES, à Odette.
Tu pars , adieu , te voilh grande dame :
Tu manqueras sous Torme où nous dansons ,
Sur la rivière où le bruil de la rame
Se mêle k nos chansons.
Du bon vieux roi consolant la folie, Ne rêve plus aux chants du batelier; Pour être heureux, que ton cœur les oublie ,
Mais sans nous oublier.
412 CHAHLES VI.
ODETTE
Une si chère souvenance Ne reviendra que trop m'atlrisler à la cour; C'est le mal du pays , et je le sens d'avance.
RAYMOND
Moins, j'imagine, que l'absence De certain écuyer qui te parlait d'amour, Plus de tristesse, enfant; la noce à ion retour!
N'as-tu pas foi dans sa constance?
ODETTE
Pauvre Charles.
RAYMOND
Ce nom ne porte plus bonheur.
MARCEL
C'est celui du dauphin!
LUDGEB.
Du roi!
RAYMOND
L'antique honneur De ce beau nom qu'en pleurant on révère
Pour tous les deux s'est éclipsé.
Cri de joie et d'orgueil, amis, au temps passe. H ne rappelle plus que souffrance et misère.
Malheureux fils, malheureux père!
L'un est proscrit, l'autre insensé !
RAYMOND
Qu'un beau jour le tocsin vienne ^ se faire entendre, Et de leurs ennemis le règne sera court,
( En regardant une épée pendue à la muraille. \
Ma bonne lame d'Azincourl ,