ACTE I, SCÈNE VIII
ODETTE
Non, je n'ai rien dit : oubliez Uu transport douloureux que je n'ai pu contraindre; Le dernier cri d'un cœur où Tamour doit s'éteindre
Vient de s'exhaler h vos pieds.
(Elle l'incline.)
En respect cet amour se change , 0 mon Dieu, fais que je sois l'ange De mes rois et de mon pays.
Fais, Dieu puissant en qui j'espère, Que par les bras mourants du père Je voie un jour bénir le fils.
LE DAUPHIN
Dieu , mets un terme à tant de maux ;
Fais que cet ange en qui j'espère
Rende la vie à mon vieux père ,
Et la victoire à nos drapeaux ! l n
ODETTE
Dieu , mets un terme à tant de maux ;
Que ton pouvoir en qui j'espère
Rende la vie à son vieux père ,
Et la victoire à nos drapeaux ! /
ODETTE
Mais l'étranger chante victoire; Prince, k quoi perdez-vous vos jours?
LE DAUPHIN
Ta voix me réveille, et la gloire Avec toi sera mes amours.
ODETTE
N'aimez qu'elle, ô mon maître!
LE DAUPHIN
On m'a dit qu'une femme A mes côtes lèverait l'oriflamme,
430 CHAULES VI.
Et qu'alors je vaincrais loojours.
ObETTE.
Hé bien ! je serai celle femme !
LB DAUPHIN
Quel qu'en soit le danger pour moi , Je veux revoir mon père.
ODETTE
A Paris?
LE DÀUPmN.
L'entreprise Réussira.
Comment?
LE DAUPHIN
Par toi.
ODETTE
C'est mon vœu.
LE DAUPHIN
Si je puis reconquérir le roi , La France est reconquise.
LE DAUPHIN
Dieu , mets un terme à tant de maux ; Fais que cet auge en qui j'espère Rende la vie à mon vieux père , I ) Et la victoire à nos drapeaux.
ODETTE
Dieu , mets un terme à tant de maux ; Que ton pouvoir en qui j'espère Rende la vie à son vieux père , \ Et la victoire à nos drapeaux.
(On entend le bruit du cor dans le lointain.) ODETTE.
Écoutez... malheureuse! ah! c'est moi qui vous livre.