ACTE II, SCÈNE IX. r
LADY STRAFPORD.
Si je suis tout cela , je n'ai qu'à demander Pour obtenir?
EDOUARD
J'altends; vous pouvez commander.
LADY STRAFFORD
Que mon oncle par vous sur ses rivaux l'emporte.
EDOUARD, après une pause.
Je ne puis rien pour lui.
LADY STRAFFORD
Le vœu public le porte.
EDOUARD
Noos pensons, par malheur, tous deux différemment, Et ce serait voter contre mon sentiment.
LADY STRAFFORD
Consentez.
EDOUARD
J'ai promis.
LADY STRAFFORD
A qui donc ?
EDOUARD
Le temps vole :
A mes devoirs bientôt il faut que je m'immole. Avant que mon bonheur ne soit qu'un souvenir, Fixez le lieu , le jour qui doit nous réunir. Demain, dans cette terre où j'aimai, jeune encore, Et presque k mon insu , ce qu'aujourd'hui j'adore , Mon vieux père me fêle, et milord y viendra; Vous l'y suivrez?
LADY STRAFPORD.
Sans moi milord vous fêtera.
EDOUARD
Se peut-il?
LADY 8TRAFF0RD.
Gomme vous, j'ai promis.
EDOUARD
Votre absence Viendrait-elle attrister le jour de ma naissance.?
LADT STRAFFORD.
Vous y penseriez peu-, car un grand citoyen Quand il a bien voté ne s'attriste de rien. Mais qui donc nommez-vous?
EDOUARD
Nelbroun.
LADT STRAFFORD.
Lui, qu'on déiesle!
EDOUARD
Injustement.
Ce choix n'en est pas moins funeste.
L'impopularité qui s'attache k son nom.
Vous la partagerez, vous, mon orgueil; oh! non. Non, quand l'opinion de palmes vous couronne. Vous ne pouvez vouloir qu'elle vous abandonne.
EDOUARD
Si pour vous obéir il faut subir sa loi , C'est elle, milady, que vous aimez en moi.
LADY STRAFFORD
Ah! je n'aime que vous, mais vous irréprochable. Vous admiré de ceux que votre force accable, Vous, entraînant les cœurs, maîtrisant les esprits, Au faite du pouvoir, vous, porté par les cris