SIR GILBERT, EDOUARD
SIR GILBERT
Moi ! qa'en toqs revoyant dans mes br^s je vous sefrè ! Non ; vous m'avez gâté te doux anniversaire.
EDOUARD
Croyez...
SIR GItBER*f .
Derby triomphe, et par voiis!
EDOUARD
Dans un choit, L'intérêt politique est sur nous d'un grand poids.
SIR GILBERT
Cest une trahison.
Ah!. ,
SIR GILBERT
L'excuse k la mode, L'intérêt politique, est ua moyen commode. Devant moi votre honneur, justement timoré, Souvent contre Derby sur ce mot s'est cabré ; Et le voilk votre homme , et ce mot est le vôtre. Vous Taitesbien , monsieur, de n'en pas chercher d'autre -, Quand on le dit en face au public qui le croit. On peut à point Terme soufDeter le bon droit. Au mérite, aux vertus on peut faire avanie En jetant k Tintrigue un prix qu'on leur dénie; Et si quelque vieillard, qui vivait dans son coin, De ne les pas trahir sent encor le besoin. Son cœur a beau saigner, T intérêt politique Pour lui, comme pour tous, est un mot sans réplique.
EDOUARD
Cette excuse pourtant n'est pas hors de saison :
D'avoir mille vertus Nelbroun a bien raison;
Mais ses vertus ont tort de heurter tout le monde.
On peut, en honnête homme, k son siècle qu'on fronde
Du haut de son dédain dire la vérité.
Sans être un fanfaron d'impopularité.
Il l'est : le soutenir , c'était faire divorce
Avec ce vœu public dont j'emprunte ma force;
Et j'ai sacrîGé, j'en gémis comme vous ,
Les droits sacrés d'un seul aux droits plus saints de tous.
Mon motif, le voilk; sans rougir j'en rends compte :
Mais ce qui sur ma joue a fait monter la honte ,
Ce qui révolte ici mon honneur indigné.
C'est ce mot trahison, que j'aurais dédaigné
Dans la bouche d'un autre, et qui me désespère