ACTE m, SCENE III
EDOUARD
Sans eox Télection avait la même issue.
MORTINS.
Unanime par eux, c'est an coup de massue.
EDOUARD
Pour le ministère?
MORTlNS.
Oui.
EDOUARD
Je puis tout approuver , S'il en meurt.
MORTINS.
Pour qu'il meure, il le faut achever.
EDOUARD
Viens-tu me proposer quelque autre choix semblable?
MORTINS.
Notre choix d'aujourd'hui ])Ou\^it être admirable.
EDOUARD
Gomment?
MORTINS.
Sans ton refus nous t'aurions nommé tous.
EDOUARD
Cest un honneur, Mortins , dont j'étais peu jaloux.
MORTINS.
Ne l'étant pas pour toi, pour nous tu devais l'être ; Mais ce noble fardeau te reviendra peut-être. Tes collègues sont nuls.
EDOUARD
C'est vrai.
Si par hasard
Milord à s'installer metuit quelque retard...
EDOUARD
Eh bien?
MORTpifS.
De la Cité tu resterais l'arbitre , Et serais par le fait ce qu'il est par le titre.
EDOUARD
Mais le contraire est sûr.
MORTINS.
C'est ce qu'il faudra voir :
Tu vas en attendant user de ton pouvoir.
EDOUARD
0)mme alderman?
MORTINS.
Sans doute.
EDOUARD
A ton nouveau lord-maire Que ne t'adresses-tu?
MORTINS.
Ton nom m'est nécessaire.
Par quelques mots brûlants et de ta main signés , Arrache k leurs travaux ces hommes dédaignés , Mais purs, mais dont la race, injustement flétrie, De ses mâles sueurs enrichit l'industrie. Que les marchés déserts, le port, les ateliers, Sur le pavé , demain , les jettent par milliers : Qu'ils viennent de Névil escorter la grande ombre; Au convoi triomphal qu'ils viennent par leur nombre Témoigner de ta force en marchant sur tes pas. Les puissants font cortège aux puissants d'ici-bas -, A l'homme vertueux il faut une autre gloire.