‹ Œuvres complètesChapitre 74 sur 324 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Monsieur, en m'appuyant, craint de se compromettre?

EDOUARD

Non; mais pour rester libre il ne faut rien promettre.

GODWIN

Rester libre est un droite pourtant j'ai vu de près Se mouvoir en tous sens bien des ressorts secrets, Qui, mieux connus de vous après ma confidence, Pourraient de mille écueils sauver votre prudence.

EDOUARD

De vos conseils, monsieur, il faudra me passer, Puisqu^il n^est pas en moi de les récompenser.

GODWIN

Pardon , de me servir vous avez la puissance;

Mais rien n'est moins commun que la reconnaissance.

EDOUARD

En quoi donc, s'il vous plaît, suis-je votre obligé?

GODWIN

En rien.

EDOUARD

Parlez!

GODWIN r

Le croire est un travers que j'ai.

ExpL'quez-vous , de grâce.

GODWIN

Un droit que je m'arroge.

EDOUARD

Enfin!

GODWIN

Vous supposez que l'on vous doit l'éloge.

lîC LA POPULARITÉ.

ÉBOUABD.

A tout bomme public on doit la Térité: Partant, Téloge aussi, quand il Ta mérité.

GODWI5.

Lorsque de fiiTorable elle devient contraire. Ce que la presse a fait elle peut le déraire.

EDOUARD

On la juge 2i son tour, et, faTorable ou non , Son arrêt n'a de poids qu'aulant qu elle a raison.

GODWIN

Si haut qu'on soit placé, vous atteindre est possible.

EDOUARD

La main d'où part le coup peut y rendre insaisiUe.

OODWIN.

Souvent qui Test pour soi ne Test pas pour autrui : Votre père...

Arrêtez : pas un seul mot sur lui , Pas un !

GODWIN

Ah! j'ai touché le côté vulnérable.

EDOUARD

Honneur à soixante ans d'une vie honorable !

GODWIN

Monsieur, vous êtes libre, et je dois l'être aussi.

EDOUARD

Dans votre feuille, soit, monsieur; mais pas ici.

, GODWIN

La guerre donc , monsieur!

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