‹ Œuvres complètesChapitre 75 sur 324 · ACTE l\ , SCEM-: II. liT · texte numérisé non relu

ACTE l\ , SCEM-: II. liT

EDOUARD

Eh bien, monsieur, la guerre!

GODWm.

Sûr de ropinion , tous ne me craignez guère ; \'ous dédaignez la presse, et vous avez grand tort.

EDOUARD

Vous vous trompez , monsieur , je la respecte fort ;

Une atteinte à ses droits me semblerait un crime,

Et je la défendrais, fussé*je sa victime.

Mais qui donc éles-vous pour parler en son nom?

rs'a-t-elle qu'une voix? Est-ce la vôtre? non.

Nul n'est à lui tout seul la presse tout entière :

A la discussion s'il ne donnait matière.

Son arrêt sans appel, qu'un seul aurait porlé.

Serait la tyrannie et non la liberté-,

Contre elle et contre tous, notre garant, c'est elle.

D'une lutte incessante elle sort immortelle.

En opposant toujours la justice au faux droit,

El le fait qu'on doit croire au bruit menteur qu'on croit,

Les noms dont elle est Gère k ceux dont elle a honte ;

Noms purs, nobles talents, c'est sur eux que je compte!

J'ai foi dans leur puissance et j'en bénis l'emploi ;

Car le bien est son but , la vérité sa loi.

Ce sont h les soutiens de la presse équitable.

Ceux qui par leurs travaux la rendent respectable ,

Convaincus qu'à nos yeux pour la représenter

Le premier des devoirs est de se respecter.

Quant à vous, sur ma vie accumulez l'iiÇuro;

Critiquez, censurez, déchirez^ je vous jure

Que, fidèle k ma route, on ne me verra pas,

Pour vous répondre un mot, me détourner d'un pas.

U Taut bien en courant soulever la poussière; Faites votre métier, je poursuis ma carrière.

GODWIN

Adieu, monsieur!

EDOUARD

Adieu.

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