ACTE IV, SCÈNE
CAVERLY.
Mais s'il emportait tout, j'en serais : donc je crains ; Car un roi me \a mieux que mille souverains. Cest ce que nous aurions, et plus encor peut-être, Si nous avions demain tous ceux qui veulent Têtre : Voilk comme le peuple entend la liberté.
EDOUARD
Et comme le pouvoir l'entend de son côté.
CAVERLT.
Oh! la sienne a pour base un ordre confortable
Qui défend ma maison, ma voiture, ma table :
El la patrie est là. Je vous vois rire^ eh bien!
Pour aimer la patrie il faut s'y trouver bien.
J'en conclus que ce mot dans deux sens doit s'entendre :
Quand on a , conserver j et quand on n'a pas, prendre.
Or, puisque nous avons, au moins défendons-nous :
Voire intérêt le veut; nous submergés, c'est vous
Qui serez englouti, si le torrent déborde.
U faut le contenir-, on le peut : qu'on s'accorde.
Je pense qu'Harrington agira sagement
S'il fait un pas vers vous pour un arrangement.
EDOUARD
Je dois sa chute au peuple; un homme est un système.
Un homme peut changer.
EDOUARD
Qu'il tombe, et de moi-même Je lui tendrai la main.
CAVERLY.
C'est pour ne pas tomber Qu'il vous la icndrail, lui.
EDOUARD
Craint-il de succomber?
n est, n'en doutez pas, grand temps qu'il se retire.
CAVERLT.
Avec ce moyen -Ik tout ministre s'en tire : Cest un moyen connu, mais fàcheui.
EDOUARD
Quant à ttioi , Sous le scrutin , ce soir, j'anéantis sa loi.
CAVERLT.
Si vous devez parler, je le crois bieii malade.
EDOUARD
Vous a-t-il, par hasard, chargé d'Une ambassade?
CAVERLT.
D'hne ambassade, lui! je l'aurais bien reçu! Je viens en amateur... Mais d'où diable a-t-il su Que votte don vous cause un embarras pénible?
EDOUARD
Il le sait?
dAVERLT.
Il s'y mobtre infinilnent sensible , Et même il emploirait, pour vous tirer de Ih, Pour foire face à tout, les ressources qu'il a.
EDOUARD
S'est-il permis, monsieur, d'expliquer ce langage?
CAVERLT.
Il se nit bien gardé d'en dire davantage...
EDOUARD
Bien!
CAVERLT.
J'éclatais.