ACTE IV, SCENE III. l3l
EDOUARD
Très-bien !
CAVERLY.
Et, changeant de discours, Il a paru sentir combien votre concours, En Taidant à porter le poids du ministère, Serait, dans le conseil, utile à l'Angleterre.
Je tiendrais pour affront qu'il osât m'en parler; Et qaand il vous l'a dit...
CAVERLY.
J'ai voulu m'en aller.
EDOUARD
Fi donc!
CAVERLY.
Je m'en allais. Alors sa seigneurie, Qui me veut un grand bien, et sait que la pairie Sous ce double rapport m'a toujours beaucoup plu , Qu'on est législateur et qu'on n'est pas élu, M'en a touché deux mots.
EDOUARD
Et vous vous laissez foire?
CAVERLY.
La couronne de duc, un siège héréditaire
Où l'on ne dépend plus du peuple ni du roi,
Oà, se représentant, on relève de soi -,
Rang, pouvoir, liberté, la noble récompense!...
Pour Lindsey, m'a-t-il dit, c'est à quoi le roi pense.
EDOUARD
Et quand il m'a nommé, vous. ..
CAVERLY.
Je Tai laissé Ih En lui tournant le dos, mon cher, et me voil^.
EDOUARD
Où la corruption est- elle parvenue!
Tous mes actes sont purs et ma vie est connue : Deux hommes, ce matin, viennent me visiter, L'un pour se vendre à moi , Fautre pour m'acheter.
CAVERLY.
Mon honorable ami, qu'est-ce que cela prouve?
L'entraînement forcé que pour vous on éprouve-,
Tout le monde vous aime, ou vous craint : je conçoi
Qu'on désire être h vous ou vous avoir li soi.
Grand, petit, faible, fort, chacun cherche k vous plaire.
Chacun offre un tribut k Tastre populaire
Dont réclat le remplit d'espoir ou de stupeur.
Et dont la queue, 1^ moi, me fait surtout grand'penr.
Comment doit-il traiter la sphère que j'habite?
Rouvrirez-vous pour nous le gouffre jacobite?
EDOUARD
Non.
CAVERLY.
Soulèverez-vous l'océan plébéien?
EDOUARD
Pas plus.
Moins, s'il vous plait; pas du tout : ce moyen Est mon épou vantail; par goût, par habitude, Je ne peux pas frayer avec la multitude. Je suis civilisé jusqu'au raffinement :
Plutôt Jacque et les siens, qu'un bouleversement