ACTE IV, SCE^E VI. 15I
HORTINS.
Qu'il s'esl vendu.
ÉDOCABJ).
Cm ttB faux !
HORTINS.
La voil^ : songe, avani de la prendre, Que ce soir k Godvrin j'ai juré de la rendre.
ÉDOUABO.
le m'en soutiendrai.
MORTUfS.
Lis.
illOUABn , après «Toir jeté les ysuz s«f ïéctiUut.
Cest sa main.
^Atir Robert Wdpole , premier lord de ia Trésorerie, » MlLORD,
)) J'attends , pour agir, les cinquante mille livres ster- ^ ling : qu'on me les remette aujourd'hui même, et re- ^ gardes-moi dans cette circonstance comme cûtièremeot « a voire disposition. Vous sentez combien il nous im- » porte k tons deux que cet envoi reste secret.
» Gilbert Lindsbt. )»
Cest sa main.
HORTINS.
11 a pour le pouvoir vote le lendemain.
EDOUARD, apri» use pauao.
Eh Inen, puisqu'il l'a fait, il le devait sans dout£!
MORTINS.
Mais tu n'as donc pas lu ?
lo2 LA POPULARITÉ.
EDOUARD
Qui? mon père!...
MORTINS.
11 m'en coûte De paraître k tes yeux abuser d'un secret Que je Tai révélé dans ton propre intérêt. Possesseur de récrit, je le mettrais en cendre; Lui va s'en faire une arme; et quand? comment dérendre Ton père diffamé que sa plume flétrit, Si, renié par tous, tu n'es plus qu'un proscrit? Mais sa plume, veux-tu qu'il la brise de rage? Marche avec nous, triomphe, achève ton ouvrage; Deviens chef de l'État; sois le nôtre et le sien : Bâillonné par la peur, Godwin n'ose plus rien.
EDOUARD
Ah! laisse-moi.
MORTINS.
La peur le condamne k se taire; Mais que puis-je tenter si tu nous es contraire? Et pour un faux honneur qu'aux pieds tu dois fouler, Malheureux! l'honneur vrai, tu le vas immoler. Crains-tu, si ta présence au convoi l'autorise, D'être connu trop tôt pour chef de l'entreprise : N'y viens pas^; n'agis pas; mais laisse-nous agir. Tu n'as rien su : de rien tu n'auras k rougir. N'y viens pas ; k nos yeux ton absence est la preuve De ton concours secret, et nous risquons l'épreuve. Tout réussit alors. Edouard, mon ami.
Nos deux cœurs si long-temps pour la gloire ont frémi D'un même élan d'amour et d'une ardeur égale ; Ne nous séparons pas à celle heure fatale.