ACTE IV, SCÈNE VI
EDOUARD
Je la dërendrais au lieu de là combattre^ Et je puis relever ce que j'allais abattre.
Qui, toi?...
EDOUARD
Si la Cité du trouble est le foyer , L'armée k mon appel viendra la balayer.
MORTIMS.
Tu signerais cet ordre!
EDOUARD
Il est signé.
MORTINS.
J'en doute.
EDOUARD , lui montrant la lettre qui est restée sur la Ub!c .
Le voici.
MORTINS.
L'envoyer, tu n'oserais!
EDOUARD
Écoule :
Il part, si tu ne veux abjurer ton dessein.
MORTINS.
Mais de la liberté tu seras l'assassin !
EDOUARD
Le sauveur !
MORTINS.
A la force ouvrir ce sanctuaire, Cest crime d*y penser.
EDOUARD
C'est vertu de le faire.
MORTINS.
Crime qui te perdra : par les tiens rejeté,
Tu vas frapper au cœur la popularité-,
Elle expire du coup pour ne jamais renaître.
Tu n'es k tous les yeux qu'un renégat, qu'un traître.
Plus on t'a porté haut, plus tu redescends bas.
Contre l'opinion en vain tu te débats :
Elle va s'exalter jusqu'à la frénésie,
Et t'enterrer vivant sous ton apostasie.
Tu n'as plus dans la lutte un ami pour soutien ,
Et l'honneur de ton père y meurt avant le tien.
EDOUARD
Que me dis-tu?
MORTINS.
Godwin de le ternir est maître.
EDOUARD
N'en crois rien.
Dans sa feuille un écrit doit paraître, Écrit que j'ai sur moi, que j'aurais déchiré, S'il ne me l'eût remis comme un dépôt sacré...
EDOUARD
En m'effrayant, Mortins, je sais ce qu'il espère.
MORTIMS.
Cette lettre, te dis-je, elle accable ton père : Elle prouve...
EDOUARD
Quoi donc?
MORTIMS.
Son honneur est perdu Si...
EDOUARD
Mais que prouve-t-elle enlin?