‹ Œuvres complètesChapitre 96 sur 324 · ACTE IV, SCENE VIll · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VIll

EDOUARD

\2iin effroi!

LADT BTRAPrORD.

Je V0U8 dis que ma tète est proscrite.

EDOUARD

Ad péril de mes jours je la protégerai ;

Ma demeure est pour vous un refuge assuré.

LADT STRAFFORD.

Od m^y viendra chercher.

EDOUARD

Ne craignez pas qu'on Tose!

LADT STRAFFORD.

On rosera.

EDOUARD

Jamais!

LADT STRAFFORD.

Je suis lady Montrose.

EDOUARD

Grand Dieu!

LADT STRAFFORD.

De me sauver aurez-vons le pouvoir?

EDOUARD

Ah! que m*avez-vous dit! qui? vous! puis-je encor voir La femme dont mon cœur rêvait la noble image , Qu'absente j'honorai d'un si parfait hommage , Dans celle...

LADT STRAFFORD.

Achevez donc : que vous méprisez!

EDOUARD

Non, Oh! non : j'ai beau haïr, détester ce faux nom

Qui vous a fait descendre et vous devient funeste , Je vous aime encor plus que je ne le déteste.

LADT STR4FF0RD

Mais ce nom, j'en suis fière^ il m'honore k mes yeux :

Porté par un martyr, il fut victorieux ;

Je Tai ressuscité-, moi, femme, \k sa mémoire

J'ai d'un parti déchu rattaché la victoire;

Et qui donc m'y poussa? mes rois seuls? Ah! crois-moi,

Je l'avoue a ma honte, Edouard, ce fut toi;

Ce fut par toi , pour toi que je devins rebelle :

Le courage qu'il faut, jeune, opulente et belle.

Pour jeter au hasard un sort si fortuné.

L'ont-ils mis dans mon sein? Non, tu me l'as donné.

L'amour a triomphé de ma faible nature.

Je révais dans la leur ta puissance future;

Je t'imaginais grand de toute leur grandeur;

Ah! que dis-je! ta gloire éclipsait leur splendeur.

Ta gloire est mon idole, et je suis fanatique :

Je m'y sacrifiai par un acte héroïque.

Est-ce folie? hélas! je le sais d'aujourd'hui ;

J'étais folle en effet; car j'ai bravé pour lui

La mort, et c'est par lui que je cesse de vivre;

Plus que la mort, la honte; et c'est lui qui m'y livre!

EDOUARD

Vous ne le craignez pas! votre amant , votre époux N'a rien, hormis Thonneur, de plus sacré que vous.

LADY STRAFFORD

Ah! pardon, j'avais tort; de ma triste fortune. De mes dangers , pardon si je vous importune! Je voudrais fuir d'ici; mais où porter mes pas? Si j'y reste, du moins , vous ne m'y verrez pas :

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