‹ Œuvres complètesChapitre 99 sur 324 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

(^elques moments encor, c'en est fait! Je frissonne;

El dans ma conscience, où chaque coup résonne,

Le remords s'éveillant semble prendre une voix

Pour nommer la patrie et rappeler ses droits.

Leur généreux soutien dont le cercueil s'approche ,

Comme il fut sans faiblesse, il resta sans reproche.

S il pouvait du linceul s'élancer aujourd'hui,

De moi que dirait-il, et qu'aurait-il fait, lui?

Mais il m'entend, ce juste k qui ma voix s'adresse;

Sous son voile funèbre il tressaille, il se dresse,

Se découvre et répond : « Que me demandes-tu?

» Ne rien souffrir pour elle est-ce aimer la vertu?

» Est-ce aimer le pays d'une mâle tendresse,

)» Que de lui préférer honneur, père ou maîtresse?

» Qui se donne au pays se donne tout entier.

« Viens, prends ton rang, suis-moi-, viens, mon digne héritier;

» Viens te perdre toi-même, en sauvant sur ma tombe,

» Avec l'ordre qui meurt, la liberté qui tombe.

» Élève ton courage à ce pénible effort;

» Ou si tu ne le peux, toi qui t'es cru si fort,

» Si tu manques de cœur pour cette noble tâche,

» Cache-toi -, tu fais bien : mais tu n'étais qu'un l&che. »

J inû, Névil , j'irai, je cours où tu m'attends.

Saint amour du pays, c'est ton cri que j'entends,

J'obéis et me perds. Quel est donc ton empire,

Puisque je peux trouver, quand mon honneur expire.

Quand mon plus cher espoir vient de s'éteindre en moi ,

l>n douloureux plaisir k me vaincre pour toi !

II a repris sur la table sa lettre qu'il emporte, et il s*élance hors de la scène. La toile tombe.

FIN DU QUATRIÈME ACTE

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