‹ Œuvres complètesChapitre 61 sur 135 · SÉPULTURE D'UN POETE MAUDIT · texte numérisé non relu

SÉPULTURE D'UN POETE MAUDIT

Si par une nuit lourde et sombre Un bon chrétien, par charité , Derrière quelque vieux décombre Euierre votre corps vanté,

A rheure où les chastes étoiles Ferment leurs yeux appesantis, L'araignée y fera ses toiles, Et la vipère ses petits;

Vous entendrez toute Tannée Sur votre tête condamnée Les cris lamentables des loups

Et des sorcières faméliques.

Les ébats des vieillards lubriques Et les complots des noirs filous.

DNE GRAVURE FANTASTIQUE

Ce spectre singulier n'a pour toute toilette,

Grotesquement campé sur eon front de squelette,

Qu'un diadème affreux sentant le carnaval.

Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,

Fantôme comme lui, rosse apocalyptique ,

Qui bave des naseaux comme un épileptique.

Au travers de l'espace ils s'enfoncent tous deux,

Et foulent l'infini d'un sabot hasardeux.

Le cavalier promène un sabre qui flamboie

Sur les foules sans nom que sa monture broie,

Et parcourt , comme un prince inspectant sa maison ,

Le cimetière immense et froid, sans horizon.

Où gisent, aux lueurs d'un soleil blanc et terne,

Les peuples de l'histoire ancienne et moderne.

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