‹ Œuvres complètesChapitre 62 sur 135 · LE MORT JOYEUX · texte numérisé non relu

LE MORT JOYEUX

Dans une terre grasse et pleine d'escargots

Je veux creuser moi-même une fosse profonde.

Où je puisse à loisir étaler mes vieux os

Et dormir dans l'oubli comme un requin dans Tonde,

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ; Plutôt que d'implorer une larme du monde, Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

0 vers I noirs compagnons sans oreille et sans yeux , Voyez venir à vous un mort libre et joyeux I Philosophes viveurs, fils de la pourriture,

A travers ma ruine allez donc sans remords,

Et dites-moi s'il est encor quelque torture

Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les mortsi

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