‹ Œuvres complètesChapitre 66 sur 135 · LE GOUT DU NÉANT · texte numérisé non relu

LE GOUT DU NÉANT

Morne esprit, autrefois amoureux de la lutte, L'Espoir, dont Téperon attisait ton ardeur, Ne veut plus t' enfourcher! Couche-toi sans pudeur. Vieux cheval dont le pied à chaque obstacle butte.

Résigne-toi, mon cœur; dors ton sommeil de brute.

Esprit vaincu, fourbu ! Pour toi, vieux maraudeur, L'amour n'a plus de goût, non plus que la dispute i Adieu donc, chants du cuivre et soupirs de la flûte! Plaisirs, ne tentez plus un cœur sombre et boudeur t

Le Printemos adorable a perdu son odeur 1

Et le Temps m'engloutit minute par minute, Comme la neige immense un corps pris de roideur; Je contemple d'en haut le globe en sa rondeur. Et je n'y cherche plus l'abri d'une cahute I

Avalanche, veux-tu m'emporter dans ta chute?

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