‹ Œuvres complètesChapitre 98 sur 135 · LE SQUELETTE LABOUREUR · texte numérisé non relu

LE SQUELETTE LABOUREUR

Dans les planches d'anatomie

Qui traînent sur ces quais poudreux

Où maint livre cadavéreux

Dort comme une antique momie.

Dessins auxquels la gravité Et le savoir d'un vieil artiste, Bien que le sujet en soit triste»

Ont communiqué la Beaulé»

On voit, ce qui rend plus complètes Ces mystérieuses horreurs, Bôchant comme des laboureurs, Des Écorchés et des Squelettes.

De ce terrain que vous fouillez, Manants résignés et funèbres, De tout l'effort de vos vertèbres, Ou de vos muscles dépouillés,

Dites, quelle moisson étrange, Forçats arrachés au charnier, Tirez-vous, et de que) fermie»' Avez-vous à remplir la grange?

Voulez-vous ((Tun destin trop dur Épouvantable et clair emblème!) Montrer que dans la fosse même Le sommeil promis n'est pas sûr;

Qu'envers nous le Néant estjraître ; Que tout, même la Mort, nous ment.

Et que sempiternellement, Hélas I il nous faudra peut-être

Dans quelque pays inconnu Écorcher la terre revêche Et pousser une lourde bêche Sous notre pied sanglant et nu?

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