DE LA PROPAGATION DE LA RELIGION
Tous les peuples d'Orient, excepté les mahométans, croient toutes les religions en elles-mêmes indifïérentes. Ce n'est que comme changement dans le gouvernement, qu'ils craignent l'établissement d'une autre religion. Chez les Japonois, où il y a plusieurs sectes, et où l'État a eu si longtemps un chef ecclésiastique, on ne dispute jamais sur la religion ^ Il en est de même chez les Siamois ^ Les Calmouks^ font plus; ils se font une affaire de conscience de souffrir toutes sortes de religions. A Calicut ^, c'est une maxime d'État, que toute religion est bonne ^
Mais il n'en résulte pas qu'une religion apportée d'un pays très-éloigné, et totalement différent de climat, de lois, de mœurs et de manières, ait tout le succès que sa sainteté devroit lui promettre. Gela est surtout vrai dans les grands empires despotiques : on tolère d'abord les étrangers, parce qu'on ne fait point d'attention à ce qui ne