LIVRE XXVII, CHAPITRE UNIQUE
Les. lois des premiers Romains sur les successions n'ayant pensé qu'à suivre l'esprit du partage des terres, elles ne restreignirent pas assez les richesses des femmes, et laissèrent par là une porte ouverte au luxe, qui est toujours inséparable de ces richesses. Entre la seconde et la troisième guerre Punique, on commença à sentir le mal ; on fit la loi Voconienne Et comme de très-grandes considérations la firent faire, qu'il ne nous en reste que peu de monuments, et qu'on n'en a jusqu'ici parlé que d'une manière très-confuse, je vais l'éclaircir.
Gicéron nous en a conservé un fragment, qui défend d'instituer une femme héritière, soit qu'elle fut mariée, soit qu'elle ne le fût pas^
UÉpitome de Tite-Live, où il est parlé de cette loi, n'en dit pas davantage ^ 11 paroît, par Cicéron^et par saint Augustin % que la fille, et même la fille unique, étoient comprises dans la prohibition.
Gaton l'Ancien contribua de tout son pouvoir à faire recevoir cette loi ^ Aulugelle cite un fragment de la harangue qu'il fit dans cette occasion ^. En empêchant les femmes de succéder, il voulut prévenir les causes du luxe, comme en prenant la défense de la loi Oppienne, il voulut arrêter le luxe même.
1. Quintus Voconius, tribun du peuple, la proposa, en Tan 585 de Rome, 169 ans avant J.-C. Voyez Gicéron, Seconde harangue contre Verres. Dans VEpitome de Tite-Live, liv. XLI, il faut lire Voconius, au lieu de Volumnius. (M.)
2. Sanxit... ne quis îiœredem virginem neve mulierem faceret. Gicéron, Seconde harangue contre Verres, c. cvii. (M.)
3. Legem tuUt, ne quis hœredem mulierem institueret, liv. XLI. (M.)