Liv. XVII, ch. VI. (M
DE L'ESPRIT DES LOIS
Dans les Instîtutes de Justinien^ et de Théophile ^ on parle d'un chapitre de la loi Voconienne, qui restreignoit la faculté de léguer. En lisant ces auteurs, il n*y a personne qui ne pense que ce chapitre fut fait pour éviter que la succession ne fût tellement épuisée par des legs, que l'héritier refusât de l'accepter. Mais ce n'étoit point là l'esprit de la loi Voconienne. Nous venons de voir qu'elle avoit pour objet d'empêcher les femmes de recevoir aucune succession. Le chapitre de cette loi, quimettoit des bornes à la faculté de léguer, entroit dans cet objet : car, si on avoit pu léguer autant que l'on auroit voulu, les femmes auroient pu recevoir comme legs ce qu'elles ne pouvoient obtenir comme succession.
La loi Voconienne fut faite pour prévenir les tropgrandes richesses des femmes. Ce fut donc des successions considérables dont il fallut ^ les priver, et non pas de celles qui ne pouvoient entretenir le luxe., La loi fixoit une certaine somme qui devoit être donnée aux femmes qu'elle privoit de la succession. Gicéron S qui nous apprend ce fait, ne nous dit point quelle étoit cette somme; mais Dion ^ dit qu'elle étoit de cent mille sesterces ^