CHAPITRE XVIII
COMMENT LA PREUVE PAR LE COMBAT s'ÉTENDIT.
On pouiToit conclure de la lettre d'Agobard à Louis le Débonnaire, que la preuve par le combat n'étoit point en usage chez les Francs, puisqu après avoir remontré à ce prince les abus de la loi de Gondebaud, il ^ demande qu'on juge en Bourgogne les affaires par la loi des Francs. Mais, comme on sait d'ailleurs que, dans ce temps-là, le combat judiciaire étoit en usage en France, on a été dans l'embarras. Cela s'explique par ce que j'ai dit: la loi des Francs saliens n'admettoit point cette preuve, et celle des Francs ripuaires ^ la recevoit.
Mais, malgré les clameurs des ecclésiastiques, l'usage du combat judiciaire s'étendit tous les jours en France; et je vais prouver tout à l'heure que ce furent eux-mêmes qui y donnèrent lieu en grande partie.
C'est la loi des Lombards qui nous fournit cette preuve. « 11 s' étoit introduit depuis longtemps une détestable coutume (est-il dit dans le préambule de la constitution d'Othon II); c'est que, si la chartre de quelque héritage étoit attaquée de faux, celui qui la présentoit faisoit serment sur les Evangiles qu'elle étoit vraie; et, sans aucun
1. Si placeret domino nostro ut eus transferret ad legem Francorum, (M.)