Voyez cette loi, tit. iix, § 4; ettit. lxvii, § 5. (M
DE L'ESPRIT DES LOIS
jugement préalable, il se rendoit propriétaire de l'héritage; ainsi les parjures étoient sûrs d'acquérir.^ » Lorsque l'empereur Othon I se fit couronner à Rome % le pape Jean XII tenant un Concile, tous les seigneurs ^ d'Italie s'écrièrent qu'il falloit que l'empereur fit une loi pour corriger cet indigne abus. Le pape et l'empereur jugèrent qu'il falloit renvoyer l'affaire au concile qui devoit se tenir peu de temps après à Ravenne ^ Là, les seigneurs firent les mêmes demandes, et redoublèrent leurs cris ; mais, sous prétexte de l'absence de quelques personnes, on renvoya encore une fois cette affaire. Lorsqu'Olhon II, et Conrad ^ roi de Bourgogne, arrivèrent en Italie, ils eurent à Vérone ® un colloque avec les seigneurs d'Italie; et, sur leurs instances réitérées, l'empereur, du consentement de tous, fit une loi qui portoit que, quand il y auroit quelque contestation sur des héritages, et qu'une des partiesvoudroit se servir d'une chartre, et que l'autre soutiendroit qu'elle étoit fausse , l'affaire se décideroit par le combat ; que la même règle s'observeroit lorsqu'il s'agigiroit de matières de fief ; que les églises seroient sujettes à la même loi, et qu'elles combattroient par leurs champions. On voit que la noblesse demanda la preuve par le