LIVRE XXIII, GHAP. XXI
pour les plaisirs de l'innocence. C'est l'esprit de cette ^ harangue que Metellus Numidicus fit au peuple dans sa censure, a S'il étoit possible de n'avoir point de femme, nous nous délivrerions de ce mal; mais comme la nature a établi que Ton ne peut guère vivre heureux avec elles, ni subsister sans elles, il faut avoir plus d'égard à notre conservation qu'à des satisfactions passagères. »
La corruption des mœurs détruisit la censure, établie elle-même pour détruire la corruption des mœurs; mais lorsque cette corruption devint générale, la censure n'eut plus de force
Les discordes civiles, les triumvirats, les proscriptions, affoiblirent plus Rome qu'aucune guerre qu'elle eût encore faite : il restoit peu de citoyens ^ et la plupart n'étoient pas mariés. Pour remédier à ce dernier mal, César et Auguste rétablirent la censure, et voulurent ^ même être censeurs. Ils firent divers règlements : César ^ donna des récompenses à ceux qui avoient beaucoup d'enfants; il défendit ^ aux femmes qui avoient moins de quarante-cinq ans, et qui n'avoient ni maris ni enfants, de porter des pierreries, et de se servir de litières : méthode excellente d'attaquer le célibat par la vanité. Les lois d'Auguste ^ furent plus pressantes; il imposa^ des peines nouvelles à ceux