La dignité de sénateur n'étoit pas une magistrature. (M
4. Dans A. cet alinéa est en note, et ainsi rédigé : Les plébéiens obtinrent contre les patriciens, que les lois et les élections des magistrats se feroieiit par le peuple assemblé par tribus et non par centuries. Il y avoit trente-cinq tribus qui donnoient chacune leur voix, quatre de la ville et trente et une de la campagne. Comme il n'y avoit chez les Romains que deux professions en honneur, la guerre et l'agriculture, les tribus de la campagne furent les plus considérées; et les quatre autres reçurent cette vile partie de citoyens qui, n'ayant pas de terres à cultiver, n'étoient, pour ainsi dire, citoyens qu'à demi; la plupart n'alloient pas môme à la guerre ; car pour faire les enrôlements, on suivoit la division par centuries, et ceux
turies, que Tite-Live* et Denys d'Halicarnasse - nous ont si bien expliquée. 11 avoit distribué cent quatre-vingt-treize centuries en six classes, et mis tout le bas peuple dans la dernière centurie, qui formoit seule la sixième classe. On voit que cette disposition excluoit le bas peuple du suffrage, non pas de droit, mais de fait. Dans la suite, on régla qu'excepté dans quelques cas particuliers, on suivroit, dans les suffrages, la division par tribus. Il y en avoit trente-cinq qui donnoient chacune leur voix, quatre de la ville, et trente-une de la campagne. Les principaux citoyens, tous laboureurs, entrèrent naturellement dans les tribus de la campagne; et celles de la ville reçurent le bas peuple ^ qui, y étant enfermé, influoit très-peu dans les affaires; et cela étoit regardé comme le salut de la république. Et, quand Fabius remit dans les quatre tribus de la ville le menu peuple, qu'Appius Glaudius avoit répandu dans toutes, il en acquit le surnom de très-grand ^ Les censeurs jetoient les yeux tous les cinq ans sur la situation actuelle de la république, et distribuoient de manière le peuple dans ses diverses tribus, que les tribuns
qui étoient dans les quatre tribus de la ville ctoient à peu près les mêmes qui, dans la division par centuries, étoient de la sixième classe, dans laquelle on n'enrôloit personne. Ainsi il étoit difficile que les suffrages fussent entre les mains du bas peuple, qui étoit enfermé dans ses quatre tribus ; mais, comme chacun faisoit mille fraudes pour en sortir, tous les cinq ans les censeurs pouvoient corriger ce désordre, et ils mettoient dans telle tribu qu'ils vouloient, non-seulement un citoyen, mais aussi des corps et des ordres entiers. Voy. la remarque qui est la première du chap. xi ; voyez aussi Tite-Live, première décade, liv. I, où les différentes divisions du peuple faites par Servius Tullius sont très-bien expliquées : c'étoit le même corps du peuple, mais divisé sous divers égards. (M.)