‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 118 sur 251 · Jules César · texte numérisé non relu

Jules César

une cause impie, et une victoire encore plus honteuse, ne confisqua pas seulement les biens des particuliers, mais enveloppa dans la même calamité des provinces entières ^

Sylla, quittant la dictature ^ avoit semblé ne vouloir vivre que sous la protection de ses lois même : mais cette action, qui marqua tant de modération, étoit elle-même une suite de ses violences. Il avoit donné des établissements à quarante-sept légions, dans divers endroits de l'Italie. Ces gens-là, dit Appien, regardant leur fortune comme attachée à sa vie, veilloient à sa sûreté, et étoient toujours prêts à le secourir ou à le venger ^

La république devant nécessairement périr, il n' étoit plus question que de savoir comment, et par qui elle devoit être abattue ^.

Deux hommes également ambitieux, excepté que l'un ne savoit pas aller à son but si directement que l'autre, effacèrent, par leur crédit, par leurs exploits, par leurs vertus, tous les autres citoyens. Pompée parut le premier ; César le suivit de près.

Pompée, pour s'attirer la faveur, fit casser les lois de Sylla qui bornoient le pouvoir du peuple : et, quand il eut fait à son ambition un sacrifice des lois les plus salutaires de sa patrie, il obtint tout ce qu'il voulut ; et la témérité du peuple fut sans bornes à son égard.

Les lois de Rome avoient sagement divisé la puissance publique en un grand nombre de magistratures, qui se soutenoient, s'arrêtoient, et se tempéroient l'une l'autre : et, comme elles n* avoient toutes qu'un pouvoir borné,

U Ce paragraphe, traduit de Cicéron, est en note dans A.

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