Voyez Plutarqiic, Vie de Pompée, ch. xlvi et xlvii. (M
De plus, il se servit de la plus vile populace pour troubler les magistrats dans leurs fonctions ; espérant que les gens sages, lassés de vivre dans l'anarchie, le créeroient dictateur par désespoir.
Enfin, il s'unit d'intérêts avec César et Crassus. Gaton disoit que ce n'étoit pas leur inimitié qui avoit perdu la république, mais leur union. En effet, Rome étoit en ce malheureux état \ qu'elle étoit moins accablée par les guerres civiles que par la paix, qui, réunissant les vues et les intérêts des principaux, ne faisoit plus qu'une tyrannie.
Pompée ne prêta pas proprement son crédit à César ; mais, sans le savoir, il le lui sacrifia Bientôt César employa contre lui les forces qu'il lui avoit données, et ses artifices même : il troubla la ville par ses émissaires, et se rendit maître des élections; consuls, préteurs, tribuns, furent achetés au prix qu'ils mirent eux-mêmes ^
Le sénat, qui vit clairement les desseins de César, eut recours à Pompée ; il le pria de prendre la défense de la république, si l'on pouvoit appeler de ce nom un gouvernement qui demandoit la protection d'un de ses citoyens.
Je crois que ce qui perdit surtout Pompée, fut la honte qu'il eut de penser qu'en élevant César comme il avoit fait, il eût manqué de prévoyance. Il s'accoutuma le plus tard qu'il put à cette idée : il ne se mettoit point en défense, pour ne point avouer qu'il se fût mis en danger; il soutcnoit au Sénat que César n'oseroit faire la guerre ; et, parce qu'il l'avoit dit tant de fois, il le redisoit toujours K