AUGUSTE
Sextus Pompée teiioit la Sicile et la Sardaigne; il étoit maître de la mer, et il avoit avec lui une infinité de fugitifs et de proscrits, qui combattoient pour leurs dernières espérances. Octave lui fit deux guerres très-laborieuses; et, après bien des mauvais succès, il le vainquit par l'habileté d'Agrippa.
Les conjurés avoient presque tous fini malheureusement leur vie^; et il étoit bien naturel que des gens qui étoient à la tête d'un parti abattu tant de fois, dans des guerres où l'on ne se faisoit aucun quartier, eussent péri de mort violente. De là, cependant, on tira la conséquence d'une vengeance céleste, qui punissoit les meurtriers de César et proscrivoit leur causer
Octave gagna les soldats de Lépidus, et le dépouilla de la puissance du triumvirat ; il lui envia même la consolation de mener une vie obscure, et le força de se trouver, comme homme privé, dans les assemblées du peuple.
1. Comp. Saînt-Évremonà : Réflexions sur les Uomains, ch. xvi.
2. De nos jours, presque tous ceux qui jugèrent Charles P'' curent une fin tragique. C'est qu'il n'est guère possible de faire des actions pareilles, sans avoir, de tous côtés, de mortels ennemis, et par conséquent de courir une infinité de périls. (M.)