‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 164 sur 251 · A. le détermina · texte numérisé non relu

A. le détermina

l'enceinte de Rome ne fût pas, à beaucoup près, si grande qu elle est à présent, les faubourgs en étoient prodigieusement étendus^ : l'Italie, pleine de maisons de plaisance, n'étoit proprement que le jardin de Rome ; les laboureurs étoient en Sicile, en Afrique, en Egypte^ ; et les jardiniers en Italie ; les terres n'étoient presque cultivées que par les esclaves des citoyens romains. Mais, lorsque le siège de l'empire fut établi en Orient, Rome presque tout entière^ y passa, les grands y menèrent leurs esclaves, c'est-à-dire presque tout le peuple; et l'Italie fut privée de ses habitants.

Pour que la nouvelle ville ne cédât en rien à l'ancienne, Constantin voulut qu'on y distribuât aussi du bled, et ordonna que celui d'Egypte seroit envoyé à Constantinople, et celui de l'Afrique à Rome; ce qui, me semble, n'étoit pas fort sensé.

Dans le temps de la république, le peuple romain, souverain de tous les autres, devoit naturellement avoir part aux tributs; cela fit que le sénat lui vendit d'abord du bled à bas prix, et ensuite le lui donna pour rien. Lorsque le gouvernement fut devenu monarchique , cela subsista contre les prmcipes de la monarchie; on laissoit cet abus à cause des inconvénients qu'il y auroit eu à le changer. Mais Constantin fondant une ville nouvelle, l'y établit sans aucune bonne raison.

Lorsque Auguste eut conquis l'Egypte, il apporta à

1. Exspatiantia tecta midtas addidere urbes, dit Pline, Hist. nat. liv. III ( M.)

2. On portoit autrefois d'Italie, dit Tacite, du bled dans les provinces reculées, et elle n'est pas encore stérile; mais nous cultivons plutôt l'Afrique et l'Egypte, et nous aimons mieux exposer aux accidents la vie du peuple romain. Amiales, liv. XII, ch. xliii. (M.)

Page 1