Voyez les Novelles de Justinien. (M
plique ceci par V Histoire secrète^ et qu'on ne dise que ce prince vendoit également ses jugements et ses lois.
Mais ce qui fit le plus de tort à l'état politique du gouvernement fut le projet qu'il conçut de réduire tous les hommes à une même opinion sur les matières de religion, dans des circonstances qui rendoient son zèle entièrement indiscret ^
Gomme les anciens Romains fortifièrent leur empire en y laissant toute sorte de culte; dans la suite on le réduisit à rien, en coupant, l'une après l'autre, les sectes qui ne dominoient pas.
Ces sectes étoient des nations entières. Les unes, après qu'elles avoient été conquises par les Romains, avoient conservé leur ancienne religion, comme les Samaritains et les Juifs. Les autres s'étoient répandues dans un pays, comme les sectateurs de Montan dans la Phrygie; les manichéens, les sabatiens, les ariens dans d'autres provinces. Outre qu'une grande partie des gens de la campagne étoient encore idolâtres, et entêtés d'une religion grossière comme eux-mêmes.
Justinien, qui détruisit ces sectes par l'épée ou par ses lois, et qui, les obligeant à se révolter, s'obligea à les exterminer, rendit incultes plusieurs provinces. Il crut / avoir augmenté le nombre des fidèles; il n'avoit fait que diminuer celui des hommes.
Procope nous apprend que, par la destruction des Samaritains, la Palestine devint déserte : et ce qui rend ce fait singulier, c'est qu'on aifoiblit l'empire, par zèle pour la religion, du côté par où, quelques règnes après, les Arabes pénétrèrent pour la détruire.