‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 193 sur 251 · Coiif. Lettres Persanes^ i.x et i.xxxv · texte numérisé non relu

Coiif. Lettres Persanes^ i.x et i.xxxv

Ce qu'il y avoit cle désespéraTit, c'est que, pendant que l'empereur portoit si loin l'intolérance, il ne convenolt pas lui-même ^ avec l'impératrice sur les points les plus essentiels : il suivoit le concile de Ghalcédoine - ; et l'impératrice favorîsoit ceux qui y étolent opposés, soit qu'ils fussent de bonne foi, dit Evagre, soit qu'ils le fissent à dessein ^.

Lorsqu'on lit Procope sur les édifices de Justinien, et qu'on voit les places et les forts que ce prince fit élever partout, il vient toujours dans l'esprit une idée, mais bien fausse, d'un État florissant.

D'abord les Romains n'avoient point de places : ils mettoient toute leur confiance dans leurs armées, qu'ils plaçoient le long des fleuves, où ils élevoient des tours, de distance en distance, pour loger les soldats.

Mais, lorsqu'on n'eut plus que de mauvaises armées, que souvent même on n'en eut point du tout ^, la frontière ne défendant plus l'intérieur, il fallut le fortifier; et alors on eut plus de places et moins de forces, plus de retraites et moins de sûreté '\ La campagne n'étant plus habitable qu'autour des places fortes, on en bâtit de toutes parts. Il en étoit comme de la France du temps des i^or-

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