‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 23 sur 251 · CHANT QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHANT QUATRIÈME

Pendant que Thémire étoit occupée avec ses compagnes au culte de la déesse, j'entrai dans un bois solitaire: j'y trouvai le tendre Aristée. Nous nous étions vus le jour que nous allâmes consulter l'oracle : c'en fut assez pour nous engager à nous entretenir : car Yénus met dans le cœur, en la présence d'un habitant de Gnide, le charme secret que trouvent deux amis, lorsqu'après une longue absence ils sentent dans leurs bras le doux objet de leurs inquiétudes ^

Ravis l'un de l'autre, nous sentîmes que notre cœur se donnoit ; il sembloit que la tendre Amitié étoit descendue du ciel, pour se placer- au milieu de nous. Nous nous racontâmes mille choses de notre vie. Voici, à peu près, ce que je lui dis :

Je suis né à Sybaris% où mon père Antiloque étoit prêtre de Yénus. On ne met point, dans cette ville, de

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