Annales, liv. II, chap. lxxxv. (M
2. lllic qui Serapin colunt, christiani simt: et devoti smt Serapi, qui se Christi episcopos dicunt. Nemo illic archisynagogus judœorum, nemo samarites, nemo cliristianorum presbyter, non matliematicus, non aruspex, non aliptes, qui non Serapin colat. Ipse ille patriarcha (judœonim scilicet) cùm AEgyptwn venerit. ab aliis Serapin adorare, ab aliis cogitur Christum. U nus mis deus est Sérapis : hunc judœi, hune christiani, hune omnes venerantur et gentes. Flavius Vopiscus, in Vita Saturnini. Vid. Historiœ augustœ seriptores, in-fol., 1620, p. 2i5; et in-S», 1061, t. II, p. 719. (M.)
DANS LA RELIGION. 371
Chez les Égyptiens, les prêtres faisoient un corps à part, qui étoit entretenu aux dépens du public; de là naissoient plusieurs inconvénients : toutes les richesses de l'État se trouvoient englouties dans une société de gens qui, recevant toujours et ne rendant jamais, attiroient insensiblement tout à eux. Les prêtres d'Égypte, ainsi gagés pour ne rien faire, languissoient tous dans une oisiveté dont ils ne sortoient qu'avec les vices qu'elle produit : ils étoient brouillons, inquiets, entreprenants ; et ces qualités les rendoient extrêmement dangereux. Enfin, un corps dont les intérêts avoient été violemment séparés de ceux de l'État étoit un monstre ; et ceux qui l'avoient établi avoient jeté dans la société une semence de discorde et de guerres civiles. Il n'en étoit pas de même à Rome : on y avoit fait de la prêtrise une charge civile ; les dignités d'augure, de grand pontife, étoient des magistratures : ceux qui en étoient revêtus étoient membres du sénat, et par conséquent n'avoient pas des intérêts différents de ceux de ce corps. Bien loin de se servir de la superstition pour opprimer la république, ils l'employoient utilement à la soutenir. « Dans notre ville, dit Gicéron\ les rois et les magistrats qui leur ont succédé ont toujours eu un double caractère, et ont gouverné l'État sous les auspices de la religion. »
Les duumvirs avoient la direction des choses sacrées ; les quindécemvirs avoient soin des cérémonies de la religion, gardoient les livres des sibylles ; ce que faisoient auparavant les décemvirs et les duumvirs. Ils consultoient
1. Apud veteres, qui rerum potiebantur, iidem anguria Unehant, ut testis est nostra civitas, in qua et reges augures, et postea privati eudem sacerdotio prœditi rempublicam religionum auctoritate rexerunt. De divinatione, lib. I, édit. de Denis Godeffroi, 1587, t. IV, p. 309. (M.)
POLITIQUE DES ROMAINS
les oracles lorsque le sénat l'avoit ordonné, et en faisoient le rapport, y ajoutant leur avis; ils étoient aussi commis pour exécuter tout ce qui étoit prescrit dans les livres des sibylles, et pour faire célébrer les jeux séculaires : de manière que toutes les cérémonies religieuses passoient par les mains des magistrats.
Les rois de Rome avoient une espèce de sacerdoce : il y avoit de certaines cérémonies qui ne pouvoient être faites que par eux. Lorsque les Tarquins furent chassés, on craignoit que le peuple ne s'aperçût de quelque changement dans la religion; cela fit établir un magistrat appelé rex sacrorum^ qui, dans les sacrifices, faisoit les fonctions des anciens rois, et dont la femme étoit appelée regina sacrorum. Ce fut le seul vestige de royauté que les Romains conservèrent parmi eux ^
Les Romains avoient cet avantage, qu'ils avoient pour législateur le plus sage prince dont l'histoire profane ait jamais parlé ^ : ce grand homme ne chercha pendant tout son règne qu'à faire fleurir la justice et l'équité, et il ne fit pas moins sentir sa modération à ses voisins qu'à ses sujets. Il établit les fécialiens, qui étoient des prêtres sans le ministère desquels on ne pouvoit faire ni la paix ni la guerre. Nous avons encore des formulaires de serments faits par ces fécialiens quand on concluoit la paix avec quelque peuple. Dans celle que Rome conclut avec Albe, un fécialien dit dans Tite-Live ^ : « Si le peuple romain est le premier à s*en départir, publico consilio dolore