‹ Œuvres complètes; (volume 4)Chapitre 51 sur 251 · COMMENCEMENTS DE ROME. — 2. SES GUERRES · texte numérisé non relu

COMMENCEMENTS DE ROME. — 2. SES GUERRES

Il ne faut pas prendre, de la ville de Rome, dans ses commencements, l'idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd'hui ; à moins que ce ne soient celles^ de la Crimée, faites pour renfermer le butin, les bestiaux et les fruits de la campagne. Les noms anciens des principaux lieux de Rome ont tous du rapport à cet usage.

La ville n'avoit pas même de rues, si l'on n'appelle de ce nom la continuation des chemins qui y aboutissoient.

1. A. A moins que ce ne soit de celles de la Crimée. — Nous désignons par A. la première édition de 1734.

Les maisons étoient placées sans ordre, et très-petites; car les hommes, toujours au travail ou dans la place publique, ne se tenoient guère dans les maisons.

Mais la grandeur de Rome parut bientôt dans ses édifices publics. Les ouvrages* qui ont donné, et qui donnent -encore aujourd'hui la plus haute idée de sa puissance, ont été faits sous les rois. On commençoit déjà à bâtir la ville éternelle ^

Romulus et ses successeurs furent presque toujours en guerre avec leurs voisins, pour avoir des citoyens, des femmes, ou des terres : ils revenoient dans la ville avec les dépouilles des peuples vaincus : c'étoient des gerbes de blé et des troupeaux : cela y causoit une grande joie. Voilà l'origine des triomphes, qui furent dans la suite la principale cause des grandeurs où cette ville parvint.

Rome accrut beaucoup ses forces par son union avec les Sabins, peuples durs et belliqueux, comme les Lacédémoniens dont ils étoient descendus ^ Romulus^ prit leur bouclier qui étoit large, au lieu du petit bouclier argien dont il s' étoit servi jusqu'alors. Et on doit remarquer que ce qui a le plus contribué à rendre les Romains les maîtres du monde, c'est qu'ayant combattu successivement contre

1. Voyez l'ctonnement de Denys d'Halicarnasse, sur les ëgouts faits par Tarquin. Ant. Bom., lib. III, p. 144, édit. Bas., an, 1549. Ils subsistent encore. (M.) Conf. Bossuet, Discours sur l'histoire universelle. IIP partie, chap. VI : « Dès les commencements, les ouvrages publics furent tels, que Rome n'en rougit pas, depuis même qu'elle se vit maîtresse du monde, etc. »

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