Voyez Zonare et Denys d'Halicarnasse, liv. IV. (M
2. Esprit des lois, XXI, ii. « Ce ne fut que la victoire qui décida s'il falloit dire la foi punique ou la foi romaine. »
m GRANDEUR ET DÉCADENCE
Ce corps y étoit déjà assez porté de lui-même : car, étant fatigué sans cesse par les plaintes et les demandes du peuple, il cherchoit à le distraire de ses inquiétudes, et à l'occuper au dehors ^
Or, la guerre étoit presque toujours agréable au peuple; parce que, par la sage distribution du butin, on avoit trouvé le moyen de la lui rendre utile.
Rome étant une ville sans commerce, et presque sans arts, le pillage étoit le seul moyen que les particuliers eussent pour s'enrichir 2.
On avoit donc mis de la discipline dans la manière de piller; et on y observoit, à peu près, le même ordre qui se pratique aujourd'hui chez les petits Tartares.
Le butin étoit mis en commun % et on le distribuoit aux soldats : rien n'étoit perdu, parce qu'avant de partir, chacun avoit juré qu'il ne détourneroit rien à son profité Or, les Romains étoient le peuple du monde le plus religieux sur le serment, qui fut toujours le nerf de leur discipline militaire ^
Enfin, les citoyens qui restoient dans la ville, jouissoient aussi des fruits de la victoire. On confîsquoit une partie des terres du peuple vaincu, dont on faisoit deux parts : l'une se vendoit au profit du pubhc ; l'autre étoit distribuée aux pauvres citoyens, sous la charge d'une rente en faveur de la république.
1. D'ailleurs, l'autorité du sénat étoit moins bornée dans les affaires du dehors, que dans celles de la ville. (M.)
2. Saint-Évrcmond , ch. ii. « A proprement parler, les Romains étoient des voisins fâcheux et violents qui vouloient chasser les justes possesseurs de leurs maisons, et labourer, la force à la main , les champs des autres. »