A. Ou resteroit
DES ROMAINS, GHAP. I. 119
Uns, avant lui, avoit étendu les privilèges du peuple* pour abaisser le sénat. Mais le peuple, devenu d'abord plus hardi, renversa Tune et l'autre monarchie.
Le portrait de Tarquin n'a point été flatté ; son nom n'a échappé à aucun des orateurs qui ont eu à parler contre la tyrannie. Mais sa conduite avant son malheur, que l'on voit qu'il prévoyoit; sa douceur pour les peuples vaincus ; sa libéralité envers les soldats ; cet art qu'il eut d'intéresser tant de gens à sa conservation ; ses ouvrages publics ; son courage à la guerre ; sa constance dans son malheur ; une guerre de vingt ans, qu'il fit ou qu'il fit faire au peuple romain, sans royaume et sans biens; ses continuelles ressources, font bien voir que ce n'étoit pas un homme méprisable.
Les places que la postérité donne sont sujettes, comme les autres, aux caprices de la fortune^. Malheur à la réputation de tout prince qui est opprimé par un parti qui devient le dominant, ou qui a tenté de détruire un préju^é^^^ qui lui survit!
Rome, ayant chassé les rois, établit des consuls annuels ; c'est encore ce qui la porta à ce haut degré de puissance. Les princes ont, dans leur vie, des périodes d'ambition; après quoi, d'autres passions, et l'oisiveté même, succèdent : mais la république ayant des chefs qui changeoient/ tous les ans, et qui cherchoient k signaler leur magistrature pour en obtenir de nouvelles, il n'y avoit pas un moment de perdu pour l'ambition ; ils engageoient le sénat à proposer au peuple la guerre, et lui montroient tous les jours de nouveaux ennemis.