A. ajoute le paragraphe suivant
«Il étoit arrivé à l'Italie ce que l'Amérique a éprouvé de nos jours ; îes naturels du pays, foibles et dispersés, ayant cédé leurs terres à de nouveaux habitants, elle étoit peuplée par trois différentes nations : les Toscans*, les Gaulois et les Grecs. Les Gaulois n'avoient aucune relation avec les Grecs, ni avec les Toscans **. Ceux-ci composoient une association qui avoit une langue, des manières et des mœurs particulières; et les colonies grecques, qui tiroicnt leur origine de différents peuples souvent ennemis, avoient des intérêts assez séparés.
« Le monde de ce temps-làn'étoit pas comme notre monde d'aujourd'hui : les voyages, les conquêtes, le commerce, l'établissement des grands États ; les inventions des postes, de la boussole et de l'imprimerie, une certaine police générale, ont facilité les communications et établi parmi nous un art qu'on appelle la politique; chacun voit d'un coup d'œil tout ce qui se remue dans l'univers, et pour peu qu'un peuple montre d'ambition, il effraye d'abord tous les autres. »
2. Denys d'Halicarnasse le dit formellement, liv. IX ; et cela paroît par l'histoire. Ils ne savoient point faire de galeries pour se mettre à couvert des assiégés ; ils tàchoient de prendre les villes par escalade. Éphorus a écrit qu'Artémon, ingénieur, inventa les grosses machines pour battre les plus fortes murailles. Périclès s'en servit le premier au siège de Samos, dit Plutarque, Vie de Périclès. (M.) '
C'est ainsi que l'auteur nomme toujours les Étrusques. ** A. Met en note: « On ne sait pas bien si ils (les Toscans) étoient du pays, on venus d'ailleurs. Denys d'Halicarnasse les croit naturels d'Italie. « L. I. (M.)
DES R03IAINS, GHAP. L 1^3
S'ils avoient rapidement conquis toutes les villes voisines, ils se seroient trouvés dans la décadence à l'arrivée de Pyrrhus, des Gaulois et d'Annibal ; et, par la destinée de presque tous les états du monde, ils auroient passé trop vite de la pauvreté aux richesses, et des richesses à la corruption.
Mais Rome, faisant toujours des efforts, et trouvant toujours des obstacles, faisoit sentir sa puissance, sans pouvoir l'étendre ; et, dans une circonférence très-petite, elle s'exerçoit à des vertus qui dévoient être si fatales à l'univers.
Tous les peuples d'Italie n'étoient pas également belliqueux : les Toscans étoient amollis par leurs richesses et par leur luxe ; les Tarentins, les Gapouans, presque toutes les villes de la Gampanie et de la Grande-Grèce % languissoient dans l'oisiveté et dans les plaisirs. Mais les Latins, les Herniques, les Sabins, les Eques et les Volsques aimoient passionnément la guerre; ils étoient autour de Rome; ils lui Hrent une résistance inconcevable, et furent ses maîtres en fait d'opiniâtreté.
Les villes Latines étoient des colonies d'Albe, qui furent fondées- par Latinus Sylvius. Outre une origine commune avec les Romains, elles avoient encore des rites communs; et Servius Tullius^ les avoit engagées à faire bâtir un temple dans Rome S pour être le centre de l'union des deux peuples. Ayant perdu une grande bataille auprès du lac
1. A. Tous les peuples d'Italie n'étoient pas également belliqueux; ceux qui tenoient la partie orientale comme les Tarentins et les Gapouans, toutes les villes de la Gampanie et de la Grande-Grèce, etc.
2. Gomme on le voit dans le traité intitulé Origo gentis Romanœ, qu'on croit être d'Aurélius Victor, ch. xvii. (M.)