Denys d"Halicarnassc, liv. IV. (M
4. G'était un temple de Diane, placé sur le sommet du mont Aventin.
Régille, elles furent soumises à une alliance et une société* de guerre avec les Romains.
On vit manifestement, pendant le peu de temps que dura la tyrannie des décemvirs, à quel point l'agrandissement de Rome dépendoit de sa liberté. L'état sembla avoir perdu- l'âme qui le faisoit^ mouvoir.
Il n'y eut plus, dans la ville, que deux sortes de gens : ceux qui souffroient la servitude, et ceux qui, pour leurs intérêts ^particuliers, cherchoient à la faire souffrir. Les sénateurs se retirèrent de Rome comme d'une ville étrangère; et les peuples voisins ne trouvèrent de résistance nulle part.
Le sénat ayant eu le moyen de donner une paye aux soldats, le siège de Yéïes fut entrepris ; il dura dix ans. On vit un nouvel art chez les Romains, et une autre manière de faire la guerre ; leurs succès furent plus éclatants ; ils profitèrent mieux de leurs victoires; ils firent de plus grandes conquêtes; ils envoyèrent plus de colonies : enfin, la prise de Yéïes fut une espèce de révolution.
Mais les travaux ne furent pas moindres. S'ils portèrent de plus rudes coups aux Toscans, aux Eques et aux Volsques, cela même fit que les Latins et les Herniques, leurs alliés, qui avoient les mêmes armes et la même discipline qu'eux, les abandonnèrent; que des ligues se formèrent chez les Toscans; et que les Samnites, les plus belliqueux de tous les peuples de l'Italie, leur firent la guerre avec fureur.
1. Voyez, dans Denys d'Halicarnassc, liv. VI, un des traités faits avec eux. (M.)
2. Sous prétexte de donner au peuple des lois écrites, ils se saisirent du gouvernement. Voyez Denys d'Halicarnasse, liv. XI. (M.) Gonf. Esprit des lois, XI, xv.
DES ROxMAINS, GHAP. T. 125
Depuis l'établissement de la paye, le sénat ne distribua plus aux soldats les terres des peuples vaincus : il imposa d'autres conditions ; il les obligea, par exemple, de fournir* à l'armée une solde pendant un certain temps, de lui donner du blé et des habits ^
La prise de Rome pair les Gaulois ne lui ôta rien de ses forces : l'armée, plus dissipée que vaincue, se retira prèsque entière à Yéïes; le peuple se sauva dans les villes voisines; et l'incendie de la ville ne fut que l'incendie de quelques cabanes de pasteurs ^.